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Le cri des adieux
Trézel ,Souqueur et cette brave maman cantine qui répond sans tarder à l’appel de nos ventres agités ,en vous offrant gracieusement pour le prix d’un « doro » ses merveilleuses réussites de riz ,de pois chiches ,de lentilles et autres matières à calories vitales pour soutenir les corps frêles.
Au petit matin ,un bol de lait chaud .La cantine ,une fois par semaine ,vidée de ses tables est utilisée pour la projection de films .Licoule la3rab disposait de classes pour nous instruire et nous faire comprendre les choses de la vie ,d’une cantine pour nous nourrir et enfin d’un jet de lumière qui avait pris le pli de sillonner l’obscurité et larguer sur l’écran de fortune les images ,les plus vivantes
Ô Ciné des temps fuyants ;faites rejaillir les éclats de la lointaine enfance bercée dans la douceur matinale et la chasteté des moments crépusculaires ,ressuscitez les grandes émotions qui avaient accompagné les petits regardes noyés dans le vif de l’image muette et à l’écoute de l’image parlante… magistralement interprétées par la paire des paires ,ces grands alliés pour le pire et le meilleur ,Hardy et Laurel ,et par la petite taille au grand talent ,le légendaire Charlot Chaplin .
On éclaire de nouveau la salle ,on tire les grands rideaux noirs qui avaient servis de cache lumière. La bobine et ses bruits cadencés se sont immobilisés .Un instant plus tard ,la porte de l’école ,humble et émouvante ,sous la poigne auguste du gardien s’est repliée sur elle-même .
La cour prise dans une solitude prompte soudaine serrait dans ses bras suppléants les restes ultimes d’une séquence qui se meurt.
Un silence lourd, perpétuait au-delà des horizons colorés, le cri des adieux . Les bruits se sont tus ,il ya longtemps ,très longtemps ….
Les étoiles annonçaient leur beauté dans un ciel de velours ,le dernier troupeau de vaches suivis au pas par le berger et son chien fidèle regagnaient les étables et les « fandouks .Entre un rayon de l’aube blanchissante et un autre tirant sa tirade vers l’horizon ,l’écolier est pris en entier par le chant pathétique : Trézel,Sougueur ,c’est un peu l’âme de ses enfants ,c’est aussi cette nostalgie profonde qui nous pousse à baisser le chapeau bien bas…
Titre : En ces temps là ,à Trézel
Maitre Belfedhal Abderrahmane
Avocat à la cour suprême et au conseil d’état