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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 01:32

 

Au coin de la cheminée
Le Pêcheur et le Singe  

1.Il était une fois un pêcheur qui vivait dans une grande misère. Il priait tous les jours pour que Dieu l'en sortît, mais rien ne semblait changer dans sa vie et il continuait à souffrir de la faim, du froid et de la misère sous toutes ses formes.
Il dépendait de sa pêche qui n'était jamais bien riche. Chaque matin, il espérait faire bonne prise mais, la plupart du temps, il n'attrapait rien ; il était affamé.
Ainsi le temps s'écoula péniblement sans que rien n'advînt jusqu'au jour où, justement, il jeta son filet et, à sa grande surprise, tira une grande caisse. Il cria, surpris :
— Mon Dieu ! Cette caisse doit contenir un grand trésor. Je vais vite l'ouvrir.
Mais, à sa grande déception, il n'y trouva qu'un petit singe.
— Ah ! Mon Dieu, que ne m'envoies-tu que de fausses joies. Cette si grande caisse pour un si petit singe. Mon Dieu, pourquoi m'envoies-tu une bouche de plus à nourrir ?
Comme il connaissait bien la faim, il n'eut pas le cœur à rejeter le pauvre singe à la mer et décida donc de le garder auprès de lui. Et depuis, quand par miracle, il réussissait à attraper un poisson, grand ou petit, il le partageait avec son petit singe.
Ainsi, le pêcheur faisait son travail et le singe se prélassait au soleil après avoir fait quelques pirouettes par-ci, par-là. Un matin, très reconnaissant envers son maître, il décida d'agir afin de trouver un moyen pour le remercier dignement d'être un homme si bon.
Il se rendit donc au palais du Sultan, grimpa jusqu'à la chambre de la princesse et se mit à grimacer pour la faire rire. Il réussit. Au moment de s'en aller, la princesse heureuse d'avoir reçu une telle distraction, lui jeta une pièce d'or qu'il prit sans hésiter. Il la rapporta immédiatement à son maître. En voyant cela, le pêcheur sauta de joie et ne demanda même pas à son singe d'où venait ce louis ; il en fit cependant bon usage.
Et chaque jour, le petit singe rapportait à son maître une pièce d'or qu'il obtenait ainsi en amusant la princesse. Chaque fois, le pêcheur savait la dépenser. Mais réflexion faite, le petit singe trouva préférable de constituer un petit trésor. Il fit ainsi pendant longtemps car il avait une idée derrière la tête. Son trésor prit taille assez vite.
Un jour, il se rendit chez la princesse pour son rôle habituel et lui annonça avant de partir :
— Adieu merveilleuse princesse ! Je quitte le pays dès demain.
— Comment ? dit la jeune fille d'une voix affligée. Mais où vas-tu petit singe ? Reste avec moi. Tu m'amuses tant et je t’aime si fort.
— Mon Dieu, je ne peux pas vivre avec toi, je suis le singe du Grand Prince de Chine et je ne veux point le quitter.
— Le Grand Prince de Chine ? Moi-même la fille du Sultan, je n'ai jamais entendu parler de cette illustre visite dans notre pays ? s'étonna la princesse.
— C'est normal, il est ici de façon anonyme et secrète.
— Et pourquoi serait-il venu ici, si personne ne le sait ?
— Ecoute-moi princesse, je vais te révéler le secret de ses longs voyages à travers de nombreux pays : il est à la recherche d'une épouse digne de lui, or jusque-là, il n'en a pas trouvé, expliqua le singe.
— Et moi ? Crois-tu que je serais digne de lui, même s'il est le Grand Prince de Chine ? osa la fille du Sultan.
— Sans doute, mais je ne sais pas. Le mieux serait que je vous organise un rendez-vous en lui faisant offrir une petite invitation au palais, conclut l'astucieux animal. Elle est partie, je suis venue !

2. Ainsi, le petit singe rusa, et le Grand Prince de Chine se fit inviter le soir même au palais. Fier de sa réussite, le singe s'en retourna chez lui. En voyant son maître, il dit :
— Maître ! Ecoute, je vais te demander de m'obéir lorsque je te dirai d'accomplir quelques petites choses. Tu ne me poseras pas de questions, je t'expliquerai en chemin ce que tu auras à faire. Et n'oublie pas, suis mes conseils à la lettre et tu ne le regretteras pas.
— Oui, oui !
Ce fut la seule réponse nonchalante du pêcheur qui n'avait de toute manière pas grand’chose à perdre.
Et le singe conseilla encore :
— Commence par te laver car, sans vouloir te vexer, tu es crasseux et tu sens... très fort le poisson.
Une fois brillant tel un sou neuf, le singe l'emmena au souk tout en lui rappelant qu'il devait obéir et ce, sans poser de questions. Ils s'arrêtèrent devant un emplacement où l'animal acheta à son maître, grâce au trésor qu'il s'était constitué, une magnifique chéchia, un long et beau burnous et de merveilleuses babouches. Ils se rendirent de l'autre côté du marché et en ressortirent avec un superbe cheval richement harnaché. Le pêcheur ressemblait enfin à un Grand Prince. Ensuite, ils se dirigèrent vers le palais du Sultan où ils étaient attendus. Sur le chemin, le petit singe enseigna enfin à son maître les leçons de bonnes manières pour ce grand jour :
— Voilà, tu es désormais le «Grand Prince de Chine» et tu es invité au palais du Sultan. Surtout, n'oublie pas ! Quand tu arriveras dans le grand salon, enlève tes babouches devant l'entrée, car il est très impoli de marcher sur les tapis sans se déchausser, à moins de n'être qu'un pauvre pêcheur.
Hi ! Hi ! Lorsque l'on te désignera les sièges, prends celui qui est en or et non celui qui est en argent car tu es censé être un monarque. Au moment de manger, comporte-toi en être précieux et ne goûte les mets que du bout des lèvres, comme il se doit lorsqu'on appartient au rang des nobles bien élevés. Et comme toujours, le docile pêcheur acquiesça :
— Oui, oui !
Enfin, en arrivant au palais, le «Prince de Chine» et son singe furent conduits au grand salon. Emerveillé par la splendeur des décorations, le pauvre homme entra en trombe, sans délicatesse aucune, avec ses babouches.
Là, tout le monde se mit à chuchoter :
— Ho ! Ho ! Comment, un grand prince comme lui qui n'a... aucune délicatesse, ni aucune manière ? Il a marché sur les tapis avec ses babouches.
En entendant cela, le singe, qui n'avait pas regardé pour ne pas faire celui qui surveillait, fut tout affolé et inventa une excuse :
— Mais ne vous méprenez pas ainsi, s'il marche sur les tapis avec ses babouches, c'est parce qu'en Chine, on change de tapis tous les jours. On est riche en Chine.

3. Tout le monde fut rassuré et ravi d'avoir dans son salon le représentant d'un pays où l'on change de tapis tous les jours. Deux sièges magnifiques, l'un en or et l'autre en argent, étaient côte à côte. Le modeste pêcheur avait failli s'asseoir sur celui en argent si le singe n'avait pas sauté dessus pour occuper la place. L'homme qui n'avait plus le choix, s'installa sur le siège en or. C'était un signe révélateur de son rang pour les gens de la cour qui l'observaient.
Quand vint le moment de dîner, au lieu de suivre les précieux conseils tant prodigués, l'instinct de l'homme affamé qu'il était, le fit se précipiter sur la nourriture ; il en mangea en plongeant ses mains jusqu'aux coudes ! Le singe qui, contrairement à son maître, avait des manières pour manger, paniqua en entendant les réflexions de la cour. Tous murmuraient :
— Mon Dieu ! Serions-nous en train de rêver ? Un si grand prince qui n'a aucune manière pour manger ?
Le singe vint de nouveau à son secours :
— Cessez, cessez, n'ayez pas honte, soyez fiers. Mon maître, depuis le début de son voyage, n'a encore pas trouvé de repas digne de ses princières papilles chinoises et c'est chez toi Majesté, dit-il en regardant le Sultan, qu'il trouve enfin une bonne nourriture, bien cuisinée. En entendant ces mots, le Sultan devint rouge de fierté, mais plus encore les cuisiniers qui continuèrent à envoyer, par les serviteurs, de nombreux autres plateaux pleins de mets plus succulents les uns que les autres. Le singe vit que son maître aIlait se jeter dessus, il se faufila et lui secoua discrètement le burnous :
— Dis poliment que tu n'en veux plus et que tu as très bien mangé, sinon tu vas passer ta nuit malade et ce serait inconvenant pour une personne aussi noble que toi.
Hum !
Alors, l'homme dit bien gentiment qu'il s'était régalé et qu'il était... repu !
Un peu plus tard, tout le monde partit se coucher. On fit mettre autour de la chambre du «prince» une rangée de gardes et la nuit se passa sans incidents.
Le lendemain, quand le pêcheur se réveilla, il lui fallut être poussé par le singe pour faire sa petite toilette matinale qu'il ne faisait... jamais !
Puis une fois prêt, il se rendit au salon où il but du thé et discuta avec le Sultan, sa cour et la resplendissante princesse. Quand ils eurent fini, le «prince», toujours poussé par son singe, demanda au Sultan :
— Ô Grand Sultan ! Voudrais-tu m'accorder la main de ta fille, la merveilleuse princesse ?
Le Sultan fut particulièrement étonné mais il lui répondit :
— Très Grand Prince de Chine, tu m'es très aimable, et je crois que tu plais beaucoup à ma fille ; j'accepte à condition que tu restes vivre ici pour me succéder car je n'ai pas d'autre enfant.

4. Ce n'est rien, dit le singe en sautant de son siège. Le Roi de Chine a tant d'enfants qu'il donnera son accord. Je me charge d'aller lui annoncer la nouvelle dans un proche avenir. Pour l'instant rien ne presse car la Chine est si lointaine...
Le «prince» remercia le Sultan, embrassa sa princesse et le petit singe qui était tout fier de sa réussite.
Le mariage fut célébré et les deux époux vécurent très heureux en compagnie de leur malicieux ami.
Le temps passa et les saisons se répétèrent dans le bonheur. Le pêcheur méritait enfin son titre de prince, car il avait appris les bonnes manières ; il savait même se tenir comme un Sultan, car il l'était devenu depuis la mort de son beau-père.
Un beau matin d'été, alors que le Sultan et la princesse se promenaient dans les jardins du palais, le singe qui les accompagnait comme toujours, s'interrogea :
— Mon maître est-il toujours aussi reconnaissant envers moi qu'il devrait l'être ? Est-il conscient de ce que j'ai fait pour lui ? Et pour en être sûr, il s'étala sur la pelouse et fit le mort ; toute la cour, alertée, arriva en hurlant .
— Le singe est mort ! Le singe est mort !
La princesse, bouleversée par la malheureuse nouvelle, se précipita quand le Sultan la retint et dit à ses hommes d'un air méprisant :
— Prenez-le par la queue et jetez-le ! Ce n'est qu'un vulgaire singe mort après tout.
Surpris, le singe sauta sur ses pieds et lança, très en colère :
— Ah oui ! C'est donc ainsi que tu me remercies d'avoir fait de toi ce que tu es ! Espèce de pêcheur !
A ces mots, la princesse s'évanouit en soupirant :
— Dieu ! J'ai épousé un pêcheur !
Le Sultan se précipita vers son singe :
— Non, je t'en prie, je ne pensais pas ce que je t'ai dit, je te demande pardon. Tu as raison je suis un ingrat et je mérite d'être puni. Je vais quitter le palais et retourner d'où je viens. Comment ce bonheur a-t-il pu me faire oublier le passé et ton amitié ? Le singe perçut le repentir sincère de son maître mais ne regretta pas la leçon qu'il venait de lui donner. Il pardonna et se tourna vers la princesse évanouie, il la réveilla et la rassura :
— Mais non, tu n'as rien compris chère et bien-aimée Princesse. En fait, chez lui en Chine, il possédait un grand bassin dans lequel nageaient des poissons d'or aux yeux de rubis et aux nageoires d'émeraude. Il jouait à les pêcher et on le surnommait, donc : le pêcheur !
Rassurée, la princesse se releva, sourit et la vie reprit son cours. Et le temps passa tout doucement.
Un matin on retrouva le singe mort dans son lit. Sur sa tombe, le Sultan, très affligé, ordonna qu'on édifie un mausolée.
Il est toujours possible de visiter ce monument de l'amitié. Je ne saurais vous indiquer où il est situé, mais un proverbe dit : «Qui cherche, trouve» !
Elle est partie, je suis venue !

L’Algérie des contes et légendes Nora Aceval

 

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