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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 01:17

Le don de nourriture -L’Algérie de

Au coin de la cheminée
Le don de nourriture

1.Autrefois, un couple de paysans très pauvres ne survivait que grâce à la tadhiga, le don de nourriture, que leur faisaient les voisins. Leur unique enfant était encore tout petit. Un jour, la femme poussa son mari à tenter sa chance en allant chasser dans le bois.
— Bouge ! Fais quelque chose. Rapporte au moins un lièvre, lui dit-elle.
— D'accord ! répondit-il, mais avant, il va falloir que tu ailles clamer dans le douar qu'à partir d'aujourd'hui, la tadhiga est abolie.
— C'est impossible d'annoncer cela. Comment dire ces mots à mes voisins qui m'envoient toujours des assiettes de couscous pour déjeuner et même pour dîner ?
— Si, si ! insista le mari. Va leur dire : le don de nourriture pour le voisinage est supprimé ! Tu comprends, si je chasse un lièvre et que les voisins attendent de recevoir une part, il ne nous en restera plus assez.
Contrainte, la femme finit par clamer :
— Oh les voisins ! Le don de nourriture pour le voisinage est supprimé.
Et, honteuse, elle ajouta :
— Mais vous, vous pouvez continuer à me donner à manger.
Les voisins outragés, se plaignirent de ce manque de savoir-vivre.
— Une tradition ancestrale ! Voilà ce qu'elle cherche à supprimer. Quel sacrilège que d'abolir la tadhiga !
L'homme se leva tôt le matin et se dirigea vers la forêt. Il ne tarda pas à trouver un lièvre couché au soleil à l'entrée de son terrier. Il s'approcha tout doucement, tout doucement et s'arrêta. Le lièvre qui n'avait rien entendu, dormait toujours. Au lieu de l'attraper, l'homme lui dit :
— ô lièvre ! Que tu sembles bien sous le soleil. Je suis venu te chasser mais je crains de te blesser.
Il rebroussa chemin, les mains vides. Le soir, le couple attendit de recevoir, comme à l'accoutumée, le «don de nourriture», en vain. La femme pleura et accusa son mari d'être à l'origine de tous ses malheurs.
Les lamentations firent quitter le pays au pauvre paysan. Il s'en alla chercher du travail, loin de sa tribu. Il partit et marcha, marcha.... Il entra dans un pays, sortit d'un autre pays, entra dans un pays, sortit d'un autre pays...
Un jour, il rencontra un fellah. Cet homme était en réalité un ogre, mais cela ne se voyait pas, car il se présentait comme un être humain. Il avait une ferme, des terres, des troupeaux de moutons, des vaches et bien d'autres bêtes. Dès qu'il vit le paysan, il l'interpella :
— Ya flen ! Oh Toi ! Où vas-tu par-là ?
— Je cherche du travail !
— Cela tombe bien car je suis à la recherche d'un khammès. Si tu acceptes de t’occuper de mes terres et de mes biens tu toucheras plus que le cinquième des bénéfices auxquels tu as droit. Chez moi, vois-tu, tout est un véritable oued. Tout coule à flots : le blé est oued, l'orge est oued, le beurre est oued, le lait est oued...
L'homme se réjouit :
— Ah ! Voilà, ce que Dieu m'envoie !
Il accepta d'être le khammès et retourna chercher sa femme et son fils. Ils posèrent leur xaïma (tente) près de la ferme. Le soir, ils reçurent du fermier de quoi faire un copieux repas ; ils mangèrent plus qu'il n'en faIlait et passèrent une bonne nuit. Ils étaient contents.
Le lendemain matin, l'ogre donna la charrue à l'homme qui alla labourer les champs. Pendant ce temps, la femme moulut le grain et prépara le pain. Ensuite, elle langea son bébé, lui donna le sein et le posa dans son berceau suspendu entre deux piliers de la tente. Une fois l'enfant endormi, elle porta le pain à son mari.

2. Mais voilà que pendant son absence, l'ogre entra sous la tente, se saisit du bébé, l'avala et le régurgita en disant :
— Ouled el Arab hars, mars ! Les enfants des Arabes sont rugueux, rugueux !
Il l'avala une nouvelle fois et le recracha en répétant, toujours :
— Ouled el Arab hars, mars ! Les enfants des Arabes sont rugueux, rugueux !
Lorsque la mère revint des champs, elle trouva les langes de son bébé mouillés et déchirés. Elle se lamenta :
— Oh mon Dieu ! Mais qu'est-il arrivé à mon petit ?
Le soir, elle fit part de son inquiétude à son mari qui lui reprocha de ne jamais être contente et de chercher des prétextes pour nuire à leur bonheur. Depuis, elle se tut, mais resta vigilante et accentua sa surveillance.
Un jour, en revenant des champs, elle s'approcha discrètement de la tente dans l'espoir de découvrir qui était cette chose qui bavait sur son enfant. Elle avait imaginé mille étrangetés, mais rien de ce qu'elle allait constater. Elle fut terrifiée de voir le fermier avaler et régurgiter son bébé tout en répétant : «Ouled el Arab hars, mars !» Les enfants des Arabes sont rugueux, rugueux !»
Le pauvre bébé braillait entre deux ingurgitions. La femme comprit que le fermier était un ogre. Elle se garda de crier et s'annonça d'une voix timide :
— Oh ! Sidi ! Je suis là !
Elle agissait comme les femmes pudiques qui n'osent pas se montrer le visage découvert devant un homme autre que leur mari. L'ogre, surpris, sortit en expliquant :
— J'ai entendu le bébé crier et je suis venu le bercer !
Mais quand la femme se pencha sur le berceau, elle trouva son bébé tout gluant avec les langes déchirés. Elle attendit avec impatience le soir pour relater la terrible découverte à son mari. Elle lui dit en tremblant :
— Tu sais, c'est un ogre ! C'est lui qui tente d'avaler notre bébé. Malgré son apparence bien mise et ses manières de riche fermier, c'est un ogre.
— Que vas-tu encore inventer ? lui répondit-il sans s'agiter ni s'étonner.
— Tu ne me crois pas parce que tu es rassasié et tu ne manques de rien ! Tu te sens bien... Ton ventre bien rempli t'empêche de réfléchir à ce qui se passe autour de toi. Partons vite, je t'en supplie.
— De toute façon, je n'irai nulle par ailleurs. Je ne crois pas que c'est un ogre et si s'en était un et qu'il venait à me dévorer, c'est moi que ça regarde. Et si tu veux partir, tu n'as qu'à t'en aller, trancha-t-il net.
Dès l'aube, la pauvre femme porta son fils sur son dos et se sauva.
Elle retourna dans la tribu auprès de ses sept frères et leur raconta sa terrible mésaventure :
— Nous étions chez un homme qui avait une ferme, des terres, des troupeaux de moutons, des bœufs, toutes les richesses. Mais seulement, j'ai découvert que c'est un ogre. Je l'ai vu avaler et régurgiter notre bébé ; hélas mon mari a refusé de me croire. J'ai des craintes pour lui. J'ai bien peur que l'ogre ne le dévore dès ce soir.

3. Elle avait raison de s'inquiéter car l'ogre en découvrant qu'elle avait quitté les lieux, se rendit auprès du khammès qui labourait le champ et l'interpella :
— Yaflen ! Eh toi ! Laisse la charrue et viens.
L'homme obéit et l'ogre l'interrogea :
— H'niya, ta femme, où est-elle allée ?
— H'niya est allée chez ses frères, fit l'homme.
— Pourquoi ?
— Je me suis disputé avec elle, mais il n'y a rien de grave et je sais qu'elle va revenir.
— Eh bien, puisqu'elle est partie, va chercher une brebis, tue-la et fais-nous un bon dîner car j'ai faim, prétendit l'ogre.
L'homme courut vers le troupeau, choisit un mouton, l'égorgea et en fit un méchoui. Au moment du repas, l'ogre se contenta d'un petit morceau et insista pour que le khammès mangeât tout le reste. Une fois repu, le khammès quitta la table malgré l'insistance de son hôte qui se leva et boucla tout. Il ferma les fenêtres, il ferma les portes et ne laissa aucune ouverture. Ensuite, il se tourna vers le khammès et lui lança d'une humeur menaçante :
— Toi, prends ton bain !
— Pourquoi dois-je prendre mon bain ? s'étonna le paysan.
— Je t'ai dit : prends ton bain ! Si !
Si ! Prends ton bain ! Fais tes ablutions car demain je vais te donner un chapelet à porter comme don de ma part à la mosquée. C'est pour cela que tu dois te nettoyer et te changer. D'ailleurs, je t'ai acheté des vêtements tout neufs.
L'homme, toujours naïf, prit son bain. Une fois lavé, l'ogre lui tendit une bouteille d'huile et lui ordonna à nouveau :
— Allez ! Vas-y, masse-toi tout le corps avec cette huile.
Le khammès obéit et se massa tout le corps avec une grosse quantité d'huile.
L'ogre pensait en le regardant faire :
— Les Arabes sont rugueux, rugueux ; avec l'huile il glissera mieux.
— J'ai fini, dit l'homme satisfait et fier de lui.
C'est alors que l'ogre lui lança :
— Quelle partie du corps veux-tu que je dévore ?
— Quoi ? cria le pauvre khammès, que dis-tu ? Sois sage mon ami ! On ne plaisante pas ainsi. Que veulent dire ces paroles ?
— Je t’ai dit : quelle partie du corps veux-tu que je dévore ? recommença l'ogre.
L'homme comprit enfin qu’il était perdu. Il déclara courageusement :
— Dévore le bras qui s'est levé contre ma cousine la fille de ma tribu et dévore ensuite les yeux qui n'ont pas voulu regarder ma cousine la fille de ma tribu. Achève-moi par le pied gauche, qui n'a pas suivi ma cousine la fille de ma tribu.
C'est ainsi que l'ogre le dévora et jeta au dehors les vêtements du pauvre disparu.
Quelques jours après, la femme retourna sur les lieux avec ses sept frères, dans l'espoir de sauver son mari. Elle les cacha dans un silo à blé creusé à l'endroit où la tente avait été montée. Quand l'ogre l'aperçut, il se mit à crier de loin :
— Ya hniya ! jiti ? Oh H'niya ! Tu es revenue ?
— Oui, je suis revenue, répondit-elle. Mais dis-moi : où est ton khammès, mon mari ?
— Oh ! Je lui ai acheté de beaux vêtements, il s'est lavé, changé et il s'est rendu à la mosquée pour offrir un chapelet que j'ai acheté. Mais je crois que c'est un incapable. Toi, vois-tu, tu es partie et tu es revenue, mais lui, depuis qu'il est parti, il n'est plus apparu.

4. La femme chuchota à ses frères :
— Il l'a dévoré, je vois ses vêtements jetés dehors.
— Oh H'niya ! Tu es revenue ? continua l'ogre.
— Oui, je suis revenue !
— Oh H'niya ! Veux-tu attraper une brebis ? Tu la sacrifieras et tu nous prépareras un bon dîner. Ensuite nous allons guetter ton incapable de mari pour voir s'il va revenir.
— Mes frères ! murmura H'niya, je crois qu'il a l'intention de me dévorer.
— Vas-y ! Va chercher la brebis et ne crains rien, nous sommes là.
Elle s'activa et rapporta une brebis sous sa tente. Ses frères l'égorgèrent et la découpèrent. H'niya prépara le dîner et l'ogre se présenta en la questionnant :
— Oh H'niya !
— Quoi ?
— Est-ce que la viande est cuite ?
— Oui.
— Moi, sache-le, je ne veux manger qu'un os ou deux, mais toi tu dois te régaler. Tu peux manger toute la viande si tu le désires.
— Merci ! Je sens que je vais me régaler, dit-elle.
En réalité, l'ogre voulait l'engraisser.
Il insista pour qu'elle finît tout le reste, mais elle lui dit :
— Demain, j'aurai fini de tout manger car il me faut toute la nuit pour une brebis. Va te coucher et reviens dès l'aube pour boire un café avec moi. L'ogre satisfait lui tendit une bouteille avant de partir :
— Tiens ! N'oublie pas de t’enduire tout le corps d'huile après avoir pris un bain. Je t'apporterai de magnifiques vêtements.
Dès qu'il s'en alla, elle courut trouver ses frères :
— Mes frères, je suis effrayée. Il m'a demandé de m'enduire le corps d'huile.
Calmes et sereins, les sept hommes la conseillèrent :
— Prends ton bain puis enduis-toi d'huile. Quant à lui, laisse-le, il ne perd rien pour attendre.
Tôt le matin, l'ogre se présenta devant la xaïma.
— H'nya ! As-tu pris ton bain ? As-tu massé ton corps avec de l'huile ?
— Oui !
Il se précipita alors et entra sous la tente pour la dévorer. Elle cria :
— A moi, mes frères !
Le premier des sept frères surgit du silo et brandit son sabre. Au même instant, l'ogre se transforma et six autres têtes poussèrent à côté de la première. Le jeune homme ne se laissa pas décourager et trancha une tête en criant :
— Voici mon coup !
L'ogre hurla :
— Ce n'est pas mon cou, ce n'est pas ma tête.
Le deuxième frère sortit à son tour et donna un deuxième coup de sabre en criant, aussi :
— Voici mon coup.
L'ogre continua :
— Ce n'est pas mon cou, ce n'est pas ma tête.
La seconde tête sauta et le troisième frère arriva et trancha la troisième tête :
— Voici mon coup.
— Ce n'est pas mon cou, ce n’est pas ma tête.
— Voici mon coup.
— Ce n'est pas mon cou, ce n'est pas ma tête...
Cela, jusqu'à la septième et dernière tête qui fut tranchée par le septième frère. L'ogre tomba, terrassé.
H'niya soulagée, aidée de ses frères, s'empara de toutes les richesses de la ferme et repartit. Dès qu'ils arrivèrent dans leur tribu, elle fit sacrifier plusieurs moutons et prépara plusieurs plats de couscous qu'elle distribua à tout le voisinage comme «don de nourriture». Elle rétablit ainsi cette coutume qui dure jusqu'à nos jours et qui est la tadhiga.
Elle est partie, je suis venue !

L’Algérie des contes et légendes Nora Aceval

 

s contes et légendes par  Nora Aceval

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