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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 00:46

 

Au coin de la cheminée
La fille du Sultan et la fille du Vizir  

1.Autrefois, un grand Sultan était fiancé à une belle princesse très vertueuse qui habitait un pays fort lointain. A la bonne saison, il chargea une caravane de présents somptueux et entreprit le voyage qui devait le conduire chez le Sultan, son futur beau-père, pour célébrer le mariage.
Cette princesse fort aimable avait pour amie la fille du Vizir à laquelle elle était liée par un serment.

— Ecoute ! Je jure que si je me marie la première, je t’emmènerai avec moi ! Mais si jamais c'est toi qui te maries la première, je te suivrai, lui avait-elle promis.
Après les festivités qui durèrent sept jours et sept nuits, la caravane du retour se prépara. Des réserves d'eau, des cruches de café, des nourritures de toutes sortes furent chargées sur les mules. La route s'annonçait longue et il fallait nourrir tous les gens du Sultan. Sur les chameaux on disposa des coffres contenant les toilettes, les parfums les plus rares et les bijoux les plus précieux.
Une Jehfa (palanquin) pour la mariée fut dressée sur la plus belle des chamelles. Mais au moment de partir la princesse déclara :
— Ecoutez ! J'emmène la fille du Vizir avec moi. Vous lui apporterez des présents aussi somptueux que les miens. Je veux qu'elle bénéficie des mêmes faveurs que moi.
La fille du Vizir reçut les mêmes présents que la fille du Sultan. Mais lorsque les servantes la coiffèrent, elles découvrirent avec horreur qu'elle avait une mèche recouverte de poux et une autre recouverte de lentes. La princesse, elle, possédait une mèche en or et une en argent. Les jeunes filles furent parées séparément, mais elles furent installées sous la même Jehfa. La caravane s'ébranla peu à peu et s'éloigna au son de la musique, des chants, des rires et des youyous.
Sur la route, la fille du Vizir qui était en réalité rongée par la jalousie et la haine, profita des bruits de la fête et planta dans le crâne de la princesse une aiguille ensorcelée avant de la pousser en dehors du palanquin. En touchant le sol, la princesse se transforma en perdrix.
La caravane continua sa route avec la fille du Vizir qui paradait sous sa Jehfa. Lorsque le cortège arriva au pays du jeune Sultan, les serviteurs se précipitèrent pour descendre la mariée avec son amie. Surpris de ne trouver qu'une seule jeune fille, ils demandèrent :
— Mais où est l'autre femme ? Vous étiez bien deux ?
— Je suis la fille du Sultan. La fille du Vizir a rebroussé chemin. Elle a trahi notre serment, expliqua l'usurpatrice.
Le marié, n'ayant jamais vu sa fiancée, ne soupçonna rien. Elle cachait bien ses mèches pullulant de poux et garnies de lentes. Cependant, il était déçu car il ne la trouvait ni jolie, ni aimable comme on le lui avait rapporté.
Quant à la fille du Sultan transformée en perdrix, elle vola jusqu'aux jardins du palais, se posa sur une haute branche et chanta ce refrain à l'attention du jardinier :
— Ô jardinier ! Toi qui as planté des poiriers et des grenadiers ! Comment se passent les jours de la fille du Vizir chez le Sultan ?
L'homme répondit, malgré lui :
— La fille du Vizir règne et se prélasse dans la soie et le satin. Elle a engagé des tamiseuses, des rouleuses de couscous et ses servantes travaillent pour elle.

2. A ces mots, la perdrix pleura et la pluie tomba. Le jardinier reçut l'averse et rentra, chez lui, tout mouillé et attristé.
La fois suivante, il répondit à la perdrix :
— La fille du Vizir est délaissée par le Sultan. Elle se fait battre et travaille comme une servante.
A ces mots, la perdrix rit et le soleil brilla. Le jardinier rentra chez lui sec et souriant.
— Cela se produisait souvent et le jardinier, selon la réponse qu'il donnait, rentrait chez lui tantôt mouillé et triste, tantôt sec et souriant.
Un jour, le Sultan l'interrogea car il avait remarqué qu'il rentrait parfois tout trempé alors que le soleil brillait :
— Par Dieu ! Que t'arrive-t-il ? Comment se fait-il que la pluie tombe sur toi alors que nous, nous n'en recevons pas une goutte ?
Le jardinier révéla alors au Sultan la chose incroyable qui lui arrivait :
— Oh ! Monseigneur permets-moi de tout te raconter. Une perdrix se pose sur une branche et me dit ce refrain : «Ô jardinier ! Toi qui as planté des poiriers et des grenadiers ! Comment se passent les jours de la fille du Vizir chez le Sultan ?» Le jour où je lui réponds : «La fille du Vizir règne et se prélasse dans la soie et le satin. Elle a engagé des tamiseuses, des rouleuses de couscous et ses servantes travaillent pour elle !», la perdrix pleure et la pluie tombe sur moi. Lorsque je lui annonce : «La fille du Vizir est délaissée par le Sultan. Elle se fait battre et travaille comme une servante», la perdrix sourit et le soleil brille.
— Tu mens ! lui dit le Sultan.
— Puisque tu ne me crois pas, viens avec moi. Tu te cacheras et je parIerai avec la perdrix.
Le Sultan suivit son jardinier et se cacha derrière un buisson. La perdrix se posa sur la branche et chanta :
— Ô jardinier ! Toi qui as planté des poiriers et des grenadiers ! Comment se passent les jours de la fille du Vizir chez le Sultan ?
Le jardinier répondit :
— La fille du Vizir règne et se prélasse dans la soie et le satin. Elle a engagé des tamiseuses, des rouleuses de couscous et ses servantes travaillent pour elle.
La perdrix pleura et la pluie tomba.
Le jardinier et le Sultan reçurent une averse sur la tête et furent trempés jusqu'aux os. Le lendemain ils retournèrent à nouveau et la perdrix chanta. Le jardinier répondit cette fois-ci :
— La fille du Vizir est délaissée par le Sultan. Elle se fait battre et travaille comme une servante.
A ces mots, la perdrix rit et le soleil brilla. Intrigué, le Sultan décida d'éclaircir ce mystère. Il demanda à son jardinier de garder le secret et consulta la vieille Settout (que Dieu la maudisse !). Il lui raconta l'histoire de la perdrix qui chantait et Settout conclut qu'il fallait la capturer.
— Mais elle est trop haut perchée, le temps de grimper, elle s'envolerait, objecta le Sultan.
— Laisse-moi faire, je dois rester seule et je la capturerai sans la blesser, promit la vieille.
Elle enleva de la résine d'un tronc d'arbre et en fit badigeonner les hautes branches. La perdrix se posa, chanta et lorsqu'elle voulut s'envoler, ses pattes restèrent collées sur la branche.

3. Settout l’attrapa et l’emporta chez elle. Une fois sous sa tente, elle se mit à caresser l’oiseau. En passant les doigts sur les plumes de la tête, elle trouva une aiguille qu’elle arracha. En un clin d’œil la perdrix devint une femme d’une éclatante beauté. Elle raconta toute son histoire à la vieille qui décida de l’adopter et lui cacha toute la vérité sur le Sultan.
— C’est une simple perdrix qui chante, déclara-t-elle au Sultan qui oublia vite l’événement.
Quelque temps plus tard, l’un des bergers du Sultan chassa une perdrix qu’il mit de côté en se disant :
— Je vais rôtir cette perdrix pour mon Sultan.
Mais le soir venu, il l’oublia dans sa poche. Quand tout le monde fut endormi et que toutes les lumières furent éteintes, il se dit à haute voix :
— Comme c’est dommage, j’ai oublié de rôtir cette perdrix que j’ai chassée pour mon Sultan.
Le Sultan qui ne dormait pas encore l’entendit et cria de sa place :
— Il est encore temps de me la préparer car j’en ai très envie.
— Mais je n’ai pas où la rôtir. Tous les feux sont éteints, il n’y a que le feu de Settout qui brille au loin.
— Emmène-la chez la vieille et fais-la rôtir. Ensuite rapporte-la moi, ordonna le Sultan.
En réalité, la lumière que le berger voyait était émise par l’éclatante beauté de la fille du sultan et non par le feu.
Lorsque le berger arriva chez Settout, saisi par la splendeur de la jeune fille, il oublia la perdrix qu’il venait de poser sur les braises du kanoun. Elle se calcina et le berger cria :
— Ho ! que vais-je dire au Sultan ? Il va me châtier.
La jeune femme le rassura :
— Ne crains rien, je vais te confectionner une perdrix avec cette pâte à pain que je cuirai. Tu la donneras à ton Sultan et il la prendra pour une vraie. Avec une grande dextérité, la princesse modela une véritable perdrix. Tout y était parfait : les ailes, les pattes, les yeux, le bec. Une fois dorée par la cuisson, elle semblait réelle. Le berger remercia la jeune femme et porta le don au Sultan qui déclara, étonné :
— Etrange, c’est bien une perdrix et pourtant elle a un goût de pain. Berger ! Dis-moi la vérité ou je te coupe la tête.
Le berger avoua :
— Monseigneur ! Je vais tout te révéler : la vraie perdrix, je l’ai laissée brûler dans l’âtre de Settout tant j’ai été distrait par la beauté de sa fille. La lumière que j’avais vue au loin, ne venait pas du feu mais de la splendeur de cette jeune fille. Et comme j’étais désespéré, elle a modelé une perdrix avec de la pâte.
— Mais la vieille Settout n’a pas d’enfants, comment peux-tu parler de sa fille ? s’étonna le Sultan.

4. Monseigneur ! Elle a bien une fille et pas n'importe laquelle. Sa beauté a provoqué chez moi un choc. Et je suis sûr qu'aucun homme n'a jamais possédé une femme pareille. Même pas tes nobles ancêtres.
— Ah bon ! Je vais aller vérifier et si je ne trouve pas cette grande beauté, je te coupe la tête.
Le Sultan se rendit chez Settout dès le lendemain. Il arriva à pied sans faire de bruit et regarda discrètement à l'intérieur de la tente. Il vit alors la jeune femme qui se coiffait. Ses cheveux étaient déliés et retombaient sur ses genoux comme des flots soyeux. Il remarqua les mèches d'or et d'argent qui scintillaient. Il resta un moment médusé et se ressaisit.
— Oh Settout ! appela-t-il.
Elle se précipita à sa rencontre :
— Sois le bienvenu Sidi (Monseigneur) ! fit-elle toute mielleuse.
— Je veux que tu me dises d'où vient cette jeune femme qui vit chez toi et fabrique des perdrix aussi parfaites que celles qui sont en chair et en os.
— C'est ma fille.
— Non, c’est faux. Il y a plusieurs années que tu vis sur mes terres et je sais que tu n’as pas d’enfant. Si tu ne me révèles pas tout, je te fais trancher la tête.
Settout avoua en pleurant :
— O Sidi ! Je vais tout te dire : cette femme est celle qui est venue avec la fille du Vizir. C’est elle la fille du Sultan, ta véritable épouse. La fille du Vizir l’a ensorcelée en lui plantant une aiguille dans le crâne. Elle l’a transformée en perdrix, celle qui venait chanter dans ton jardin. Lorsque je l’ai délivrée de l’enchantement, j’ai été tentée de la garder avec moi tant elle est belle. Je te demande pardon.
Le Sultan emmena aussitôt la princesse avec lui au palais et fit venir sa femme. Celle-ci se montra confuse et se jeta aux pieds de la fille du Sultan, son amie d’antan.
— Un serment sacré nous liait, déclara la princesse. Moi je l’ai respecté, mais toi tu l’as trahi. Comment veux-tu que je te pardonne ? Qui pourra me garantir que tu ne vas pas me nuire à nouveau ?
La fille du Vizir ne reçut pas le pardon. Le jardinier l’emmena dans le jardin et la jeta au fond d’un puits.
Le Sultan organisa de nouvelles noces et tout le pays entendit parler de l’histoire de la perdrix qui chantait pour retrouver son époux.
Elle a pris le feu, le feu, j’ai pris la route, la route !
Elle a mangé du Diss, j’ai mangé du Rfiss !

L’Algérie des contes et légendes Nora Aceval

 

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