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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 15:26

 

Au coin de la cheminée
L’homme qui épousa une ogresse 
 

Il y a fort longtemps, un homme s'éprit éperdument d'une femme que personne ne connaissait. Malgré les mises en garde des gens de sa tribu, il l'épousa. Il l'imposa donc aux siens et elle s'installa parmi eux. Il faut dire qu'elle était d'une grande beauté et ce que le pauvre homme ne pouvait pas deviner c'est qu'il s'agissait d'une redoutable ogresse. Comment pouvait-il imaginer une chose pareille ? Non seulement elle était belle, mais elle accomplissait tout ce que pouvait réaliser n'importe quelle autre femme. Elle pétrissait le pain, roulait le couscous, cardait la laine, trayait les brebis... Elle savait tout faire. Elle accoucha même d'une petite fille.
Enfin, elle se comportait, dans la journée, en toute chose, comme une humaine. Mais la nuit, elle se conduisait comme une ogresse. Lorsque les hommes du douar rentraient les troupeaux dans les enclos devant les tentes, elle veillait pour dévorer quelques moutons. Le lendemain, chacun s'étonnait :
— Comment se fait-il ? Chaque jour, nous emmenons paître nos moutons, nous les ramenons le soir, nous les rentrons dans la zriba (enclos) au complet et le matin, nous constatons la disparition d'un certain nombre d'entre eux.
Cela se répétait chaque nuit. Un soir, un vieux prévint discrètement les hommes:
— Je vais mettre ma djellaba noire puis me mêler au troupeau pour le surveiller.
Il revêtit sa djellaba noire, s'introduisit au milieu des brebis et, accroupi, il attendit sans bouger. Dès que l'ogresse s'assura du sommeil des gens de la tribu, elle se leva et se dirigea vers l'enclos. Elle tendit le bras et saisit ce qu'elle croyait être un mouton. Mais elle attrapa le vieux qui se mit à crier:
— Lâche-moi ! Lâche-moi! À moi !
— Oh Sidi ! Pardonne-moi de t'avoir effrayé, mais je suis venue surveiller et je t'ai pris pour la chose qui décime notre troupeau, dit l'ogresse pour endormir tout soupçon.
Le lendemain matin, le vieux alerta les autres :
— Malheur ! Notre cousin nous a ramené une ogresse. C'est elle qui a anéanti notre troupeau. Nous l'avons pourtant prévenu de ne pas se marier avec cette femme étrangement belle que personne ne connaissait.
Le mari s'inquiéta :
— Comment ? C'est une ogresse que j'ai épousée ?
— Mais oui c'est une ogresse. Tu peux nous croire, affirmèrent les cousins.
— Mais non ce n'est pas possible, finit par conclure l'homme qui était aveuglément amoureux.
— Mais nous te disons que c'est une ogresse. Réveille-toi et sors de cet envoûtement qui va te perdre.
Comme il ne voulut rien entendre, toute la tribu plia ses tentes et leva le camp. L'homme passa une partie de la journée à réfléchir et décida enfin de fuir à son tour. Il attendit que sa femme soit à la source, saisit sa fille, la posa sur son dos et se sauva.
Il courut, courut... Ainsi, il parcourut plusieurs régions. Il entra dans un pays, sortit d'un autre pays, entra dans un pays, sortit d'un autre pays

2. Un jour, à bout de souffle, il fit une halte. Soudain, sa petite fille qu'il portait sur le dos, lui lança :
— Hum papa ! Que tes oreilles semblent bonnes à grignoter.
— Quoi ? se dit l'homme, mais ma fille n'est qu'une ogresse comme sa mère ? Voilà que je transporte sur mon dos une ogresse après en avoir fui une autre.
Il saisit alors la petite ogresse et la fracassa contre un mur de jardin à l'ombre duquel il voulait se reposer. Le cri de la petite retentit par les monts, par les vallées et arriva jusque chez la mère. En l'entendant, l'ogresse, au comble de la fureur, se lança à la poursuite de son mari. Elle suivit ainsi l'écho du cri de sa fille et n'eut aucun mal à retrouver l'homme en fuite.
Dès qu'il la vit, il grimpa à toute vitesse à un arbre très, très haut. De là il n'osa plus bouger. L'ogresse s'installa au pied de l'arbre et le guetta. Elle lui répétait du matin jusqu'au soir :
— Ah fils de chien ! Tu verras, se lèvera une tornade d'été qui te fera tomber et je te dévorerai. Se lèvera une tornade d'automne qui te fera tomber et je te dévorerai. Se lèvera une tornade d'hiver qui te fera tomber et je te dévorerai. Se lèvera une tornade de printemps qui te fera tomber et je te dévorerai. De toute façon, quoi qu'il arrive, je te dévorerai, toi qui as fui et qui as tué ma fille.
L'ogresse passait sa journée à ronger le tronc de l'arbre pour le couper. Elle le rongeait, rongeait... pendant qu'elle sciait le tronc de ses dents, l'homme répétait en criant de la plus haute branche:
— Ô arbre de mon père et de ma mère ! Grossis, grossis. Ô arbre de mon père et de ma mère ! Grossis, grossis. Le soir, au moment où l'arbre devait se rompre, l'ogresse, épuisée s'arrêtait pour reprendre son souffle et aller chasser de quoi manger. Au même instant, le tronc grossissait et reprenait sa forme initiale. L'ogresse était furieuse mais elle ne parvenait pas à tout ronger sans éprouver fatigue et faim. Elle s'endormait sur place et dès le matin, elle recommençait à scier de ses dents. Et, l'homme du haut des branches, continuait à répéter :
— Ô arbre de mon père et de ma mère ! Grossis, grossis. Ô arbre de mon père et de ma mère ! Grossis, grossis.
L'arbre regrossissait au moindre signe de fatigue de l'ogresse qui, tenace, recommençait à ronger.

3. Un jour, l’homme vit passer des oiseaux migrateurs.
Il cria dans leur direction :
— Ô vous, oiseaux qui volez, dites à ma mère et à mon père et aux hommes de ma tribu que je suis en danger. Indiquez aux miens la direction du pays où je me trouve.
Les oiseaux volèrent, volèrent et chantèrent en passant au-dessus de sa tribu :
— Ô vous qui riez ! Ignorez-vous que l’un des vôtres est en danger ? Il est caché sur un arbre et une ogresse essaye de le faire tomber. Suivez le vent et allez le chercher.
Les siens apprirent ainsi qu’il vivait encore et qu’il était en danger. Un groupe d’hommes volontaires prit la route pour le secourir. De pays en pays, de région en région, ils marchèrent et cherchèrent en suivant le vent. Au coucher du soleil, ils le retrouvèrent. L’ogresse n’était pas là. Elle chassait. Ils le firent descendre et ils s’enfuirent tous ensemble. Un morceau du burnous s’était déchiré et était resté accroché aux branches. Lorsque l’ogresse revint, elle le vit flotter et elle crut que son mari était toujours là. Elle continua donc à ronger l’arbre.
Les jours passèrent et un matin une tornade se leva. L’ogresse se redressa et attendit que son mari tombât. Le vent souffla de plus en plus fort et le pan du burnous se décrocha, s’envola et tomba à terre. Elle courut et se jeta dessus en criant triomphalement :
— Eh bien ! Je savais bien qu’un jour une tornade te ferait tomber et que je te dévorerai.
Soudain, elle réalisa qu’il ne s’agissait que d’un bout de tissu, elle hurla de rage :
— Ah ! Maudit ! Les siens ont réussi à l’emmener. Il ne me reste plus qu’à chercher un autre mari.
L’homme retourna chez les siens, heureux d’avoir échappé à l’ogresse. Il épousa une femme de sa tribu et vécut tranquille. Certains racontent qu’il n’allait plus jamais retrouver la paix car l’ogresse le poursuivrait jusqu’à la fin de ses jours et qu’il serait toujours obligé de lever le camp pour fuir.
Elle a pris le feu, le feu, j’ai pris la route, la route !
Elle a mangé du Diss, j’ai mangé du Rfiss !

L’Algérie des contes et légendes Nora Aceval

 

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