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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 15:22

Au coin de la cheminée
L’astucieuse fille du paysan

1.Il était un grand Sultan (et Dieu seul est grand) qui cherchait un vizir. Il ordonna au crieur public d’annoncer la nouvelle pour rassembler les hommes du pays et leur soumettre une énigme.
Le crieur fit son travail et alla clamer :
— Ecoutez tous ! Ecoutez que Dieu vous fasse entendre ! Le Sultan fait savoir qu’il cherche un conseiller intelligent. Celui qui résoudra l’énigme deviendra vizir.
Une fois les hommes réunis, le Sultan demanda :
— C’est un arbre qui possède douze branches ; chacune des branches comporte trente feuilles et chacune des feuilles renferme cinq graines ! De quoi s’agit-il ? Vous avez toute la nuit pour réfléchir. Mais, retenez bien cela, l’homme qui me rapportera la réponse doit arriver au palais, nu et habillé à la fois ; il doit, également, marcher et être transporté à la fois. Celui d’entre vous qui réussira sera mon vizir et je ferai sa gloire et sa fortune.
Les hommes se dispersèrent. Un paysan ambitieux se trouvait dans la foule. Il rentra chez lui et s’adressa à sa fille qu’il savait futée et intelligente :
— Aide-moi ma fille à trouver la réponse, je serai vizir et tu auras la vie que tu mérites.
Lorsque la jeune fille entendit l’énigme, elle déclara aussitôt à son père :
— Père, c’est facile ! L’arbre représente l’année, les branches les douze mois, les feuilles les jours. Quant aux graines, elles sont les cinq prières quotidiennes qu’effectue le musulman.
Mais comment être nu et habillé à la fois ? Comment se déplacer à pied tout en étant transporté ? ajoute le père. Cela est aussi simple que le reste, déclara la fille. Demain, tu te lèveras tôt et tu t’habilleras du seul vêtement que je vais te confectionner cette nuit à partir d’un filet de pêcheur. Tu seras, ainsi, nu et habillé à la fois. Ensuite, tu n’auras qu’à monter sur notre jeune baudet aux pattes encore bien courtes.
Dieu merci, tu as de longues jambes, elles toucheront le sol et tu pourras ainsi marcher tout en étant à dos d’âne.
L’homme remercia sa fille et alla se coucher. A l’aube, il fut le premier à se présenter au Sultan. Le paysan avait suivi à la lettre toutes les consignes de sa file. Le Sultan admet l’ingéniosité de l’homme et le déclara vizir. Depuis ce jour, les affaires du palais et du royaume furent résolues avec intelligence, finesse et sagesse. Le vizir consultait sa fille pour tout.
Mais, avec le temps, le Sultan n’arrivait pas à croire que son vizir avait une intelligence si pointue. Un jour, il l’interrogea :
— Voilà un moment que je t’observe et je n’arrive pas à croire qu’un homme puisse trouver des solutions tellement subtiles, profondes, quelquefois originales je l’avoue, mais toujours efficaces. Seule une intelligence féminine en est capable. Quel est ton secret ? Qui te conseille ? Eclaire-moi en me disant la vérité et tu seras pardonné. Mais si je découvre que tu m’as menti, je te ferai trancher la tête.
Le vizir se mit à genoux et avoua. Le Sultan, qui n’était pas encore marié parce qu’il n’avait pas trouvé de femme digne de lui, demanda la main de la fille de son vizir sur-le-champ. Voilà comment la fille du paysan fit de son père un vizir et du Sultan son mari !
Le Sultan exigea cependant de sa jeune épouse qu’elle lui promette de ne jamais le contredire ni réfuter ses jugements ou ses décisions s’il ne la consultait pas. Elle en fit le serment. Ils vécurent heureux et le temps s’écoula dans la sérénité et le bonheur.

2. Mais voilà qu’un jour, le hasard voulut que la jeune femme qui passait par hasard devant la salle d’audience, entendit son illustre époux rendre un verdict injuste et erroné. En effet, un pauvre paysan était venu se plaindre d’un riche marchand qui ne voulait pas lui rendre son ânon égaré depuis quelque temps. Le marchand prétendait que c’était sa mule qui avait mis bas l’ânon. Or, chacun sait qu’une mule est un animal stérile.
Mais le Sultan ne voulant pas s’embarrasser plus longtemps de cette affaire, plaça l’ânesse et la mule à distance et donna un coup de bâton sur l’échine de l’ânon. Ce dernier trotta en direction de la mule à laquelle il était habitué.
Le Sultan déclara avec légèreté :
— L’ânon est allé vers la mule, il est donc au marchand.
La femme du Sultan, indignée par cette décision, courut dans sa chambre et fit signe par la fenêtre au paysan qui quittait le palais.
— Pssst ! Eh, homme de bien ! Approche, j’ai quelque chose à te dire.
Intrigué, le paysan s’avança et leva la tête vers la fenêtre. La jeune femme lui apprit qu’elle avait entendu prononcer le jugement du Sultan et qu’elle voulait l’aider à récupérer son ânon. Elle lui souffla alors tout ce qu’il devait faire. L’homme, le sourire aux lèvres, retourna auprès du Sultan et demanda la parole ; elle lui fut accordée :
— Seigneur, j’ai omis de te révéler un événement extraordinaire. Nous savons tous qu’une prédiction annonce que la fin du monde se produirait si jamais une mule venait à mettre bas. Qu’Allah nous protège ! Nous y sommes car hier j’ai été témoin d’un autre phénomène : tout mon champ de blé a été ravagé par un banc de poissons sorti de la rivière afin de se nourrir de mes épis. Ce sont des présages.

3. Comment ? protesta le Sultan. Tu oses mentir ? Tu te moques de moi ?
— Pas du tout, ô grand Sultan ! Pourquoi ne pas admettre que tout peut arriver à l’époque où les mules mettent bas. C’est la fin du monde et il n’est pas étonnant que les signes anormaux se multiplient.
Le Sultan n’eut plus qu’à changer son verdict. Il attribua une amende au marchand et rendit l’ânon au paysan. Puis il menaça ce dernier :
— Si tu ne me révèles pas immédiatement où tu as trouvé ce mensonge et ces répliques, je te fais trancher la tête.
L’homme, qui n’avait rien à cacher, expliqua que ces idées venaient d’une brave femme à sa fenêtre dans le palais. Le Sultan furieux alla trouver son épouse et lui annonça :
— Je te répudie ! Tu as rompu le pacte et tu m’as fait revenir sur une décision. Tu m’as ridiculisé auprès d’un paysan. Emporte tout ce que tu veux de ce palais et repars dès demain chez ton père. Va-t-en.
La jeune femme sourit et ne dit mot. Elle fit mine de préparer ses affaires... Au dîner, elle versa dans le repas de son mari une poudre extraite d’une plante soporifique. Après avoir mangé, le Sultan tomba dans un sommeil profond. Elle l’enferma dans un coffre et elle l’emporta avec elle chez son père. Le lendemain, lorsqu’il ouvrit les yeux, il ne reconnut pas les lieux et trouva sa femme allongée près de lui. Il sursauta et cria :
— Où suis-je donc ? Et toi que fais-tu encore à mes côtés ? Ne t’ai-je pas ordonné de t’en aller ? demanda-t-il.
La jeune femme répondit aimablement :
— Monseigneur ! Je n’ai fait que t’obéir. Tu m’as certes demandé de partir mais tu m’as également autorisée à prendre du palais tout ce que je voulais. Et comme tu es la seule chose que je veuille, je t’ai emporté avec moi chez mon père.
Surpris, le Sultan eut un sourire et dit enfin :
— Je dois admettre que tu es vraiment subtile et que tu me dépasses en sagesse. Je te décharge du serment et je te demande à nouveau d’être ma femme pour la vie.
Elle a pris le feu, le feu, j’ai pris la route, la route !
Elle a mangé du Diss, j’ai mangé du Rfiss !

L’Algérie des contes et légendes Nora Aceval

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